Pérou #2 : Trek Day 1, Umasbamba

By Seb
Cet article fait partie de la série Pérou & Bolivie
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1er jour de Trek vers Huchuy Cusco

La salle où nous petit déjeunons surplombe la ville et nous offre un festival de couleurs orangées et dorées. Nous entamons aujourd’hui un trek de trois jours vers « le petit Cusco », un site bien plus méconnu que son grand frère. Ce site archéologique Inca surplombe la vallée sacrée et était un lieu de résidence du huitieme empereur Inca, Viracocha. Il avait régné de 1400 à 1438 sur Cusco et ses environs et s’était désigné comme descendant du dieu Viracocha, créateur du ciel et de la terre. En 1438, Cusco est attaqué par le peuple Chancas, Viracocha et ses notables se réfugient alors sur Caquia Xaquixaguana , renommé au vingtième siècle « Le petit Cusco ».

Peu de touristes tentent d’accéder à ce site car aucune route ne mène à Huchuy Cusco, il faut donc s’y rendre à pied ou à cheval via des pistes montagneuses. La solution la plus courte, et la moins interessante,  consiste à emprunter un chemin très raide de 3600 mètres de long  à partir de la ville de Lamay. L’autre solution, plus pittoresque et passionnante, vous invitera à suivre les antiques chemins Incas perchés dans les montagnes. Nous nous orientons donc vers ce second choix.
Un véhicule privé nous transportera de Cusco jusque chez nos muletiers près de la ville de Tambomachay, à une vingtaine de kms. Ces derniers s’occuperont de transporter sur des mules nos sacs les plus imposants ainsi que le matériel de bivouac . Nous marchons jusqu’au « bain de l’Inca ». Une eau sacrée y coule de terrasse en terrasse.  On ne connait pas vraiment l’origine de cet endroit, mais la taille parfaite des pierres qui la compose indique une importance certaine du lieu dans la culture Incas. Seuls des poèmes lyriques ,légendes ou simple traditions orales ont permis de relater l’histoire de ce peuple sans écriture. L’histoire voudrait que le bain de l’Inca, appelé ainsi pour sa source sacrée et ses deux fontaines, fit office de lieu de repos à l’empereur Tupac Yupanqui lorsqu’il partait à la chasse. Pour d’autres, on y sacrifiait des enfants sur fond de rites et pratiques religieuses.

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En haut à droite le bain de l’Inca de Tambomachay

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Nous remontons vers un col et traversons de paisibles paysages montagneux de couleurs ocre et or.  C’est l’Ichu, l’herbe sèche typique des Andes qui donne cette couleur aux montagnes, on la nomme souvent la toundra andine. La montée est rude et je suis clairement celui qui souffre le plus. Nous avons l’habitude de crapahuter en montagne mais cette fois ci je ne me suis absolument pas préparé. Je n’ai quasiment pas pratiqué la course avant le départ et le boulot m’avait déjà absorbé la majorité de mes forces. Nelly se débrouille bien mieux que moi , sans parler du couple sportif qui nous accompagne et qui vagabonde bien loin devant nous.

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Nous continuons notre marche et passons un col à 4200 mètres d’altitude. A cet instant un troupeau de lamas se rapproche de nous, nous sommes tellement à la peine que nous ne devons pas paraitre très farouches.De l’autre coté du col se trouve une bonne centaine de lamas ainsi que la Laguna de Qoricocha, « le lac d’or », où nous déjeunerons. Ce lac est une oasis Les muletiers ont montés une tente et nous prépare un repas chaud digne d’un petit restaurant. Nos estomacs ne s’étant pas encore accoutumés à l’altitude nous ne ferons malheureusement pas honneur à leur cuisine.

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Laguna de Qoricocha
En haut à droite la Laguna de Qoricocha

Apres une petite pause nous reprenons la marche et repassons un col avant de redescendre à travers une magnifique vallée. En descendant la végétation se métamorphose et semble s’épanouir, avec en arrière plan la lagune de Puray .

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Nous atteignons le village d’Umasbamba près de Chinchero, reconnu pour son tissage Andin. Nous sommes ce jour les seuls étrangers à des kilomètres à la ronde et l’on se sent alors comme des privilégiés aux confins du monde. Malgre tout nous restons des touristes et donc une source de revenu pour ces population isolées. Les habitantes se regroupent au sein d’une cour et nous présentent alors leurs techniques de tissage et de teinture de la laine. Elles ont une dextérité impressionnante avec leurs métiers à tisser inventés 2000 ans avant JC. Les motifs en laine qui ornent leurs vêtements evoquent bien souvent une histoire ou une représentation de la nature. La teinture s’effectue avec des cochenilles broyées, un insecte que l’on trouve généralement sur les cactus. Les cochenilles femelles possèdent un acide carminique, aussi appelé Carmin, un colorant de couleur rouge. La couleur jaune est obtenu à partir d’argile, le bleu et le vert grâce à l’indigo issue de plante, le brun à partir de cendre et de chaux, à chaque teinte son origine naturelle.
Leurs radieuses créations nous serons proposés à la vente, l’artisanat étant l’une de leur principale ressource financière. Les taches qu’elles exercent étant longues et éprouvantes, impossible de ne pas les laisser tenter. L’argent récolté par la vente de leurs oeuvres sera partagé par la communauté, idem pour les gains récoltés par le logement des touristes.

De peur que cette tradition ancestrale ne disparaisse, le  » Centro  de textiles tradicionales del Cusco » a été créé en 1996 afin de ne pas oublier la pratique du tissage Andin.

Tissage Andin à Umasbamba
Tissage Andin à Umasbamba

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Nous passons la nuit chez l’habitant et prenons une douche assez sportive avec quelques gouttes d’eau froide. La nuit sera très fraiche, malgré le cumul d’une multitude de couvertures. Il n’existe pas de système de chauffage au Pérou et l’eau chaude est un luxe que peu de Péruviens peuvent se permettre.

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